Traitement de la candidose, l’avis d’une naturopathe

In pain

Suite à mon premier article et à mes recherches personnelles sur le sujet, j’ai souhaité avoir les conseils d’une naturopathe sur le traitement de la candidose.
C’est Nathalie, naturopathe, qui a bien voulu se prêter à mes questions.

Peux tu te présenter en quelques lignes ?

Naturopathe formée à l’institut Euronature de Lille, je reçois en consultation à mon cabinet près d’Arras (62), et de temps en temps en région lilloise. J’organise des week-ends et séjours bien-être et détox, où yoga et naturopathie se complètent bien : de très bons moments ! J’anime aussi des ateliers pour les particuliers sur divers thèmes de santé naturelle, et des formations en entreprise sur la gestion du stress et l’hygiène de vie.

Qu’est ce que la naturopathie et quel a été ton parcours dans le domaine ?

La naturopathie est une médecine non conventionnelle, qui vise à garder la santé grâce à des moyens naturels et en s’appuyant sur la vitalité. Son approche est globale, elle prend en compte la personne dans son ensemble. La consultation de naturopathie commence par un entretien complet, puis le praticien élabore un programme d’hygiène de vie basé sur de nouvelles habitudes alimentaires, une activité physique adaptée, et la gestion du stress et des émotions.
Si besoin, il conseille l’utilisation de compléments alimentaires ou autres techniques naturelles (réflexologie, plantes, huiles essentielles, Feurs de Bach, etc.).

Après une quinzaine d’années à découvrir et utiliser diverses techniques de santé naturelles pour mon usage familial, j’ai décidé de me former sérieusement à la naturopathie et d’en faire mon métier. Un vrai plaisir au quotidien !

Quelles sont les origines de la candidose et pourquoi est-elle aussi mal diagnostiquée ?

La candidose est difficile à diagnostiquer car elle se développe silencieusement pendant de nombreuses années, avec des symptômes qui ne nous semblent pas suffisamment alarmants, comme des douleurs abdominales, diarrhées ou constipation, ballonnements, infections ORL, fatigue, maux de tête… Ces signes, accompagnés de mycoses fréquentes et d’envies compulsives de sucre, doivent nous mettre la puce à l’oreille : quelque chose ne fonctionne pas bien au niveau de nos intestins.
Certains laboratoires sérieux peuvent aider au diagnostic de la candidose.

Le candida albicans, à l’état saprophyte (dans un écosystème intestinal non perturbé), est une levure utile à l’homme car elle permet de métaboliser les derniers déchets de notre digestion, principalement au niveau du côlon. En cas de déséquilibre de la flore intestinale, les souches bénéfiques dominantes (bifidobactéries et lactobacilles) diminuent, et le candida albicans en profite pour se développer, en modifiant sa morphologie (la levure devient champignon).
C’est alors qu’il cause les infections des muqueuses digestives et génitales et de la peau. Plus encore, ce champignon perce la muqueuse intestinale qui devient perméable ; il dissémine de nombreuses mycotoxines dans le système sanguin et lymphatique, et fait chuter notre capacité immunitaire.
Enfin, en digérant les sucres, le candida albicans produit de l’alcool, générant des troubles hépatiques et nerveux.

L’origine de la candidose est donc un déséquilibre de la flore intestinale… et ce déséquilibre a lui-même pour origine :
– l’alimentation moderne, riche en sucres, excitants, levures, produits raffinés, additifs, pesticides, métaux lourds… et aussi le tabac,
– le déficit en nutriments, notamment en fer, acides gras polyinsaturés et acide folique,
– certains médicaments : antibiotiques, pilule contraceptive, corticoïdes, immuno-suppresseurs,
– le stress et les déséquilibres émotionnels,
– les troubles digestifs chroniques, hépatiques, intestinaux, les intolérances alimentaires (à la fois cause et conséquence).

Tu parles beaucoup d’intestin, serait-ce le point de départ de nombreuses maladies ?

« Toutes les maladies commencent dans l’intestin » : c’est Hippocrate qui l’a dit, environ 400 ans avant Jésus-Christ, et c’est plus que jamais d’actualité !

Le rôle de la membrane intestinale est de filtrer les molécules contenues dans l’intestin, pour laisser passer les nutriments et rejeter les toxines. Entre le contenu intestinal et la muqueuse se trouve un film bactérien protecteur composé de ferments vivants, qui constitue la première ligne de défense (la flore intestinale, ou « microbiote »).

La muqueuse peut être agressée par les acides, les toxines, les virus ou encore les bactéries pathogènes apportées par l’alimentation ou fabriquées dans un milieu intestinal déséquilibré (dysbiose). Or si elle est enflammée, elle devient plus poreuse, et laisse alors passer de plus grosses molécules qui, à l’état normal, ne devraient pas la traverser. C’est cette irruption de particules agressives à l’intérieur de l’organisme qui est pathogène : des aliments incomplètement digérés, ou bien de gros peptides générant une réaction immunitaire (exemple : gluten, lactose, caséine), ou encore des toxines provenant d’une flore bactérienne pathogène, telles les clostridies ou le candida albicans.

Les premiers signes pourraient sembler banals : fatigue, acné, eczéma, asthme, arthrose, allergies …
Mais de nombreuses études montrent l’importance du microbiote intestinal dans beaucoup de maladies chroniques et dégénératives, telles les fibromyalgies, sclérose en plaque, maladie de Crohn, etc. Mieux encore, certains médecins ont établi un lien entre les troubles des fonctions gastro-intestinales et les maladies psychiatriques et neurologiques (c’est le syndrome entéropsychologique) : autisme, schizophrénie, Trouble du Déficit d’Attention, dyslexie, dyspraxie…

Pour sa santé et son bien-être il est donc primordial de maintenir et renforcer un écosystème intestinal sain et équilibré.

Quelle est l’approche du naturopathe dans le traitement du Candida ? Qu’est ce qui marche vraiment ? 

On va d’abord réduire les sources d’intoxication, apaiser la muqueuse intestinale, puis reconstituer une bonne flore pour permettre au corps de se régénérer.
La correction de l’alimentation est l’un des aspects les plus importants du traitement de fond de la candidose chronique. On supprimera tous les sucres raffinés et naturels sous toutes leurs formes :
sucre blanc, miel, jus de fruits, bonbons, confiture, pâtisseries, chocolat… A bannir également, tout ce qui contient les toxines responsables de l’agression des muqueuses : les viandes élevées aux antibiotiques, les céréales contenant du gluten et tous les féculents raffinés, les produits laitiers, les produits fermentés, tout ce qui contient des levures (fromages, bière, vin…), et globalement tous les aliments industriels, ainsi que l’alcool et le tabac.

Le régime conseillé privilégie la consommation de légumes bio de saison, en adaptant leur mode de préparation à sa sensibilité digestive (jus, cuisson légère), les légumineuses (que l’on fait tremper ou même germer), l’ail et les aromates, les céréales complètes sans gluten, le poisson, la viande blanche et les œufs. On pourra consommer une part de fruits dont l’index glycémique est modéré (fruits rouges, pomme, poire, prune, pêche, pamplemousse). Il est important de manger lentement et de bien mastiquer.
En complément de l’alimentation, on pourra avoir recours à des produits naturels. Il faut savoir que le candida albicans s’adapte et résiste à toutes les molécules antifongiques en moins de 3 semaines.
Il est donc important, même en cas de traitement naturel, d’alterner tous les 10 jours différentes molécules antifongiques, par exemple : huiles essentielles de thym à linalol, de cannelle de Ceylan, de laurier noble, de romarin officinal, de sarriette, ou encore extrait de pépins de pamplemousse, échinacée, ail, chlorophylle… Les huiles essentielles sont à manier avec précautions, pas d’automédication !

On complète le traitement avec des pré- et pro-biotiques bien sûr, qui vont aider à reconstituer une flore intestinale saine. Certains laboratoires proposent des pro-biotiques associés à la L-Glutamine, qui aide à réparer la muqueuse. Et on soutient le foie dans son travail de détoxication, avec des plantes comme le Chardon Marie par exemple.

Enfin pour venir à bout de la candidose chronique, il est primordial d’avoir une hygiène de vie saine et équilibrée : apprivoiser son stress, se reposer, prendre du recul, s’autoriser des temps de pause et de respiration, et pratiquer une activité physique régulière si possible dans la nature.

Tous ces conseils sont génériques, pour venir à bout de la candidose il faut bien sûr les adapter au terrain de chacun et construire son propre programme d’hygiène vitale personnalisé, sur plusieurs mois.

NWNathalie WHEATLEY
Naturopathe
07 81 02 08 05
contact@nathalie-wheatley.fr
www.nathalie-wheatley.fr
www.facebook.com/nathalie.wheatley.naturopathe

5 réflexions sur « Traitement de la candidose, l’avis d’une naturopathe »

  1. Bonjour Guillaume.
    Merci pour cet article intéressant qui donne une bonne vue d’ensemble d’un programme anti candida. C’est pratique si l’on se trouve au début du chemin.
    J’apprécie surtout le commentaire de Nathalie expliquant la nécessité d’alterner les antifongiques tous les 10 jours. C’est vraiment important.
    Bonne journée

  2. Bravo pour cet article très complet et clair. Je vais m’en servir pour communiquer autour de moi car il est souvent difficile d’expliquer cette affection méconnue et pourtant si courante.
    Je me suis diagnostiquée seule. J’ai été suivie par un naturopathe, mais le traitement n’a pas suffit. Je crois qu’il ne connaissait pas très bien cette affection.
    J’ai alors acheté le livre de Cécile ELLERT « L’équilibre anti-candidat ». En plus des explications, elle fournit des recettes et même des menus pour les 15 jours de cure d’attaque. Un vrai support dans cette lutte longue et éprouvante contre cette vilaine levure.
    Bonne journée

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