Le Modèle Paléo par Mark Sisson

Je souhaitais cette semaine vous parler d’un des livres qui m’a le plus marqué et intéressé ces derniers temps.
Il s’agit de Le modèle Paléo, traduction de l’ouvrage The primal blueprint de Mark Sisson, sorti il y a plusieurs années.
Il m’avait été recommandé récemment mais, pas très convaincu, il m’a fallu être confronté à la nécessité de changements alimentaires pour m’y pencher sérieusement.

L’auteur est un ex-marathonien, qualifié pour les séries olympiques dans les années 80.
Ses recherches sur un mode de vie et une alimentation alternatifs ont commencé quand il est arrivé au constat suivant : lors de ses dernières années de compétition à un niveau mondial, considéré comme un athlète ‘en forme’, il essuyait de plus en plus de pathologies et blessures: ostéoarthrose, tendinites à répétition, infections pulmonaires, etc..

Le « courant Paléo » dont fait partie Mark prône un retour à un mode de vie et une alimentation qui se rapprochent de celui de nos ancêtres du paléolithique à savoir un comportement de chasseur cueilleur, avant l’avènement de l’agriculture et de l’élevage.

L’alimentation

Concernant l’alimentation, le Paléo va à l’encontre des discours d’état type « céréales à tous les repas », « les produits laitiers .. », et des conseils de votre généraliste (pour l’anecdote si ce dernier est de l’ancienne école, il n’a jamais eu un seul cours de nutrition;  je ne l’invente pas, l’un d’entre eux me l’a dit).

Un petit coup d’oeil à la pyramide ‘paléo’ pose tout de suite la tendance:

Paleo-food-pyramid

La base de l’alimentation comprend tout ce qui se chasse, pêche ou cueille, à savoir dans l’ordre: les protéines animales, les graisses saturées, puis les légumes, ensuite les bonnes graisses, végétales et animales (pas toutes), enfin les fruits, tubercules et noix, et pour finir les petits plaisirs (vin rouge, chocolat) et les épices.

Vous remarquerez que le sucre et les céréales ont disparu de la pyramide. Ce modèle peut donc convenir aux personnes intolérantes au gluten ou qui ont dû faire une croix sur le glucose.

Ma naturopathe m’a récemment fait la remarque que mon petit déjeuner ressemblait au modèle paléo. En effet, après avoir abandonné les viennoiseries, pain confiture et céréales, je prends désormais le matin une part de protéines, des légumes ou des fruits, des noix. Et bizarrement, plus de « coup de pompe » une heure après !

Là où je reste un peu sur ma faim concernant le livre (sans jeu de mot) est qu’il ne propose pas beaucoup d’alternatives pour les personnes qui mangent peu ou pas de protéines animales (pour des raisons éthiques, écologiques, financières ou de santé).

Il vous revient dès lors de vous renseigner sur les aliments végétaux qui apportent un bon apport en protéines. De même, si on suit à la lettre les préconisations du livre, les protéines animales sont présentes à tous les repas, ce qui d’après moi a tendance à acidifier l’organisme et, à long terme, n’est pas très écologique.

L’activité physique

Premier point sur lequel je m’y retrouve concernant l’activité physique / sportive, je pense comme l’auteur que l’activité physique à forte dose et haute intensité relève plus de la pathologie que de l’état de ‘forme’.
J’ai réalisé, pour avoir fait quelques années de compétition, que le sportif est la plupart du temps surentraîné et sujet à des séquelles physiques et traumatismes dus aux efforts répétés et prolongés.
De même, le sport de compétition en équipe, même s’il a des aspects positifs (discipline, confiance en soi, lien social, etc) impose un cadre rigide et des horaires d’entraînements fixes, et ce quelque soit votre état de forme ou votre niveau d’énergie.
Enfin j’ai remarqué que le sport à haute dose demande du ‘combustible’, que beaucoup de personnes prennent sous forme de sucres lents, qui génèrent des fluctuations de la glycémie, des fringales, et donnent envie de re-manger, d’où prise de poids alors qu’on s’entraîne, etc. Tout cela je l’ai vécu, et le livre en parle.

La devise de Mark : Bougez, courez, soulevez !
Si c’est en pleine nature et pieds nus, c’est encore mieux !

paleoista-bare-foot

A quoi ressemble une semaine « Paléo » :
– 2 à 5 heures d’activité physique à une allure très modérée (marche, vélo, escalier)
– 2 séances par semaine de 30 min d’exercices physiques simples mais intenses
– Quelques sprints tous les 10 jours.

L’auteur encourage à faire ces exercices dans un état d’esprit ludique, avec beaucoup de spontanéité et créativité !
Pas envie d’y aller aujourd’hui ? Ne faites rien. Vous débordez d’énergie ? Ajoutez-en un peu.
Ce qui me plait : des enchaînements simples, des séances courtes, et surtout : l’écoute de son corps et de ses sensations !
fitlife

Les quelques exercices et enchaînements de base (on parle ici d’EPM : mouvements paléo essentiels tels que pompes, flexions ou tractions)  peuvent se faire n’importe où et sans matériel.

EPM-paleo

Hygiène de vie

Plus qu’un régime, le mode de vie paléo est vraiment global et, chose intéressante, l’auteur insiste aussi sur l’importance d’une vie équilibrée entre alimentation, activité physique, sommeil (comme moi, l’auteur est un partisan convaincu de la micro-sieste de 20-30min), jeu et même exposition raisonnée au soleil.

En conclusion

Je trouve que ce livre est une vraie bouffée d’air frais, dans le sens où il propose une alternative aux discours habituels, certes à la sauce américaine, mais je pense qu’il est bon de piocher quelques trucs ici et là.
Les principaux intérêts que j’y vois sont une prise de conscience de notre manque d’exercice physique, une façon ludique de se remettre à bouger, à acheter ou faire pousser local, à cuisiner et manger plus sainement, en écoutant les réactions de notre organisme.

Les plus :
– Ouvrage accessible à tous
– Un livre qui incite à du ‘mieux’ plutôt qu’à du ‘plus’.
– La démarche est globale

Les moins :
– Certains passages peuvent être un peu techniques pour le grand public (tout le monde n’est pas biologiste moléculaire)
– Manque des propositions pour les personnes qui seraient tentées par le modèle et qui ne mangent pas ou peu de viande/poisson.
– L’accent n’est pas assez mis sur la reprise progressive d’une activité physique et sur l’échauffement préalable aux séances de sprint.

Le livre coûte environ 20€ et se vend un peu partout ainsi que sur Amazon : Le modèle paléo (lien affilié)

Adepte du paléo ou sceptique ? Votre avis m’intéresse !

Crédits photos :
www.paleohacks.com
www.paleoista.com
fitlifeproject.com

 

4 réflexions au sujet de « Le Modèle Paléo par Mark Sisson »

  1. Merci Guillaume pour cet article très intéressant !
    Je suis moi aussi en recherche de référence sur l’alimentation en particulier et notre mode de vie en général…
    Depuis quelques mois, mon livre de chevet sur ce thème est « The detox miracle source book » de Robert Morse. Approche différente, principe de base : manger cru, principalement des fruits. Et aussi supprimer ou réduire les produits laitiers. L’argumentation tient la route et l’auteur est plutôt convaincant, et contraire au régime paléo, c’est tout à fait adapté à ceux qui mangent peu ou pas de viande.

    • Bonjour Valérie,
      Merci pour ton commentaire !
      Je ne connais pas ce livre mais je vais y jeter un coup d’oeil.
      Sur le mode de vie le paléo devrait te plaire. Concernant l’alimentation, je suis convaincu qu’il est possible de reporter sur des protéines animales, j’ai encore pas mal de choses à découvrir sur ce point.
      A titre perso l’alimentation crue ne me réussit pas, étant « Vata » dominant, les crudités ont un effet bof sur moi.
      Pour les produits laitiers, j’ai commencé à sacrément diminuer et les résultats sont très probants.
      Au plaisir d’échanger !

  2. Bonjour, à mi-parcours de ce livre, je suis un peu déçu car pas en surpoids… et il est question de perte de poids, de régime et autres presque à chaque page.
    D’accord sur le fait qu’il faille seulement y puiser des choses çà et là. Je le trouve aussi un peu complexe pour « le commun des mortels » sans connaissance approfondie en biologie.
    Enfin, l’auteur ne cite aucune de ses sources, ce qui me semble une erreur pour un ouvrage « de référence », d’autant que ce dernier parle de ses « recherches approfondies »…
    Autre livre intéressant, qui m’a beaucoup plus convaincu, celui de Gilles Lartigot : Eat.
    Merci pour votre article très intéressant.

    • Bonjour et merci pour votre commentaire !

      Je comprends votre remarque sur la notion de perte de poids, quand on est pas concerné(e). Je pense que nombre de personnes qui se mettent au paléo le font dans cet objectif et peut être que l’auteur y répond du coup de manière inconsciente (ou pas). Personnellement, et comme vous, me pencher vers le paléo n’avait pas un objectif de perte de poids. Je l’ai fait par curiosité, en recherche de solutions pour changer d’alimentation suite à des pathologies dont allergies alimentaires, et pratiquer une activité physique plus en phase avec mon énergie, mon activité et mes rythmes. Les résultats sont impressionnants. Bon, au passage, j’ai retrouvé mon poids d’il y’a 20 ans ;-).
      100% d’accord avec vous sur les références aux études scientifiques et qui manquent. C’est vraiment dommage car l’auteur le fait régulièrement sur son site internet. A voir si la page de référence est présente sur la version originale du livre en anglais.
      Merci pour le conseil sur Eat, je vais essayer de me le procurer.
      Bonne continuation et au plaisir !

      Amicalement

      Guillaume

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